Ma passion pour le football est née avec cette équipe mais il y a bien plus longtemps qu'en 1998. En 1986 d'abord, et la Coupe du Monde au Mexique (les premières images que je conserve du football télévisé...), avec le penalty loupé de Platoche contre le Brésil, celui réussi de Fernandez... Le premier but de JPP avec l'équipe de France contre le Canada... et tant d'autres souvenirs : le match contre l'Italie, le Brésil donc, l'URSS , et l'Allemagne qui fera peur pour la dernière fois à une équipe de France fatiguée par le Brésil... Exit les "Brésiliens d'Europe" comme on surnommait les Français à cette époque à cause de ce football offensif et spectaculaire avec à la baguette le Carré Magique : milieu de terrain composé de Platini, Tigana, Giresse et Fernandez .
Le réveil s'annonce brutal, quelques cadres de l'équipe de France prennent leur retraite : Tigana, Giresse ou encore Rocheteau, ce qui sonne le glas d'une génération d'exception (qui gagna l'Euro 84 en France, premier titre majeur du pays. Platini emboita le pas et prit sa retraite en 1987, la France s'apprête alors à faire une traversée du désert de quatre années. Ce dernier reprendra l'équipe en main en 1988 après la démission d'Henri Michel.
Quatre années pendant lesquelles elle ne fera rien de convaincant, si ce n'est des matchs nuls contre Chypre... et des victoires trop rares. Durant cette période, il y avait tout de même des joueurs talentueux : Le "Petit Prince" Daniel Bravo, Philippe Vercruysse, Bruno Bellone, Stéphane Paille, Jean-Marc Ferreri, Franck Sauzée... On assista également aux premières titularisations d'Eric Cantona, Didier Deschamps et Laurent Blanc dont on connait les destins.
Cet épisode aura eu le mérite de pousser les instances françaises à jeter les bases du système français actuel basé sur la formation des jeunes. Il en naitra des générations qui construisirent le palmarès qu'est celui de la France aujourd'hui. Ces générations ont remporté la Coupe du Monde 1998, une Coupe d'Europe des Nations en 2000 (16 ans après l'équipe du carré magique) et renouèrent régulièrement avec les compétitions majeures (après l'absence aux Coupes du Monde 1990 et 1994 et du Championnat d'Europe 1988, exaltant avec les Van Basten, Gullit et Rijkaard qui ont certainement inventé le football moderne ).
La première vague marquante est constituée de l'ossature de l'équipe forte du moment (l'Olympique de Marseille avec Amoros, Boli, Casoni, Angloma, Pardo, Papin puis Sauzée, Deschamps, Durand, Cantona...) complétée avec le premier expatrié : Laurent Blanc parti s'essayer au Napoli SSC. Quelques anciens complètent: Christian Perez, Luis Fernandez (encore lui...) et enfin quelques Auxerrois héroïques : Bruno Martini, Christophe Cocard, Pascal Vahirua, sans oublier les premiers pas d'Emmanuel Petit. Cette équipe-là sonne le retour fracassant de la France sur la scène internationale avec une qualification au championnat d'Europe en Suède en 1992... en gagnant tous ses matchs éliminatoires (record en vigueur)!!!!
Malheureusement, la campagne suédoise est toute aussi froide que le climat avec une élimination au premier tour avec des matchs moyens et l'impression d'inexpérience en haut niveau pour cause d'absence prolongée. Le Danemark crééra la sensation avec un football audacieux et combatif en remportant l'édition à la surprise générale après avoir été repêché des éliminatoires à cause de le suspension de la Yougoslavie (que l'on ne reverra que bien plus tard pour les raisons que l'on connait...)
Dans la course à la Coupe du Monde 1994, s'ensuivra une petite entorse, toujours la faute à l'inexpérience, et ces matchs contre Israël et La Bulgarie de Kostadinov et Stoichkov, que la France ne doit jamais perdre... Privée de World Cup aux States!!! La faute à Ginola dira-t-on, toujours est-il que ce n'est pas lui qui a marqué trois buts pour Israël au Parc des Princes, ni deux buts pour la Bulgarie... toujours au parc des Princes. Inconcevable aujourd'hui encore !!!
On se console en se disant que les bourreaux des Français dans ce groupe éliminatoire, respectivement la Suède et la Bulgarie finiront 3ème et 4ème de cette coupe du Monde 1994 ou de quoi nourrir aussi des regrets...
A ce moment-là, tout le monde craint un retour en enfer et des années de disette en perspective... Mais la génération naissante prendra sa revanche. Exit les mauvaises rivalités Marseillais (voir ossature) et Parisiens (Le Guen, Guérin, Roche...), les clubs français brillent en Coupe d'Europe et les expatriés ne tiennent plus sur les doigts d'une main.
L'équipe de France est alors reprise en main par Aimé Jacquet après la démission de Gérard Houllier. Encore un académique de la vieille école française, pour un changement?
On reste dans les années 1990 et pourtant, les choses ont changé... l'équipe de France semble jouer moins bien, est moins spectaculaire (quoique victorieuse d'un cinglant 10-0 contre l'Azerbaidjan en 1995 !!), plus laborieuse mais... plus réaliste, plus tactique, plus rigoureuse défensivement. L'équipe de France profite enfin d'une génération exceptionnelle et expérimentée (suite aux coups d'éclats réguliers des clubs français en Coupe d'Europe des Clubs et à l'expatriation croissante de nos talents vers les grands championnats européens). L'arrêt Bosman est passé par là.
On va voir éclore des talents plus contemporains et connus par le grand public (aussi parce que le football a étendu ses vocations... plus mercantiles) : Youri Djorkaeff, David Ginola, Christophe Dugarry, Bixente Lizarazu, Lilian Thuram, Marcel Desailly et un certain Zinedine Zidane qui en l'espace d'une campagne européenne avec Bordeaux a ébloui l'Europe. Jacquet lui avait déjà ouvert les portes de l'équipe de France en 1994 (où lors de son premier match contre la République Tchèque fraîchement séparée de la Slovaquie, il plante tout simplement ses deux premiers buts...). On va, en revanche, en délaisser d'autres; c'est à cette période que Jaquet décide de se passer des services du pourtant irremplaçable et hyper adulé Outre-Manche, Eric Cantona.
Ajoutez-y la nouvelle garde nantaise (Patrice Loko, Reynald Pedros, Nicolas Ouédec, Christian Karembeu) et vous obtenez la première équipe de France talentueuse et expérimentée de ce renouveau amorcé par Platini sélectionneur à la fin des années 1980... et qui surtout va obtenir des résultats en phase finale (demi-finalistes en 1996 au Championnat d'Europe en Angleterre).
Cette génération modelée sauce Jacquet depuis 1994 est surtout, ne l'oublions pas, programmée pour réussir la Coupe du Monde "à la maison" en 1998. Dans cette optique, le test anglais a été concluant. La France refait officiellement partie des grandes nations du football européen.
A l'heure où se profile la coupe du monde en France, la France entame une série de matchs amicaux en vue de préparer cette coupe du monde; elle est, en effet, exempte des matchs de qualification comme tous les organisateurs de cette compétition.
Les résultats sont encourageants mais nourrissent des craintes légitimes car l'animation offensive de l'équipe n'est pas encore celle d'une équipe qui peut prétendre à une victoire en coupe du monde, dusse-t-elle se dérouler dans son propre pays.
Pourtant, sous l'impulsion du contrôversé Aimé Jacquet, l'équipe de France va écrire la plus belle page de l'histoire du football français lors de cette Coupe du monde. Le collectif français aura raison de bien des embûches : les Italiens (encore et toujours...), le but contre le Paraguay in-extremis, le renversement de situation contre les Croates pour finalement s'offrir le match du siècle contre le Brésil.
Le bloc français est compact, solidaire et imperméable. Il trouve le chemin des filets même avec Dugarry, en grande complicité avec Zidane, et les jeunes loups David Trezeguet et Thierry Henry. Le portier Barthez est décisif quand il le faut et est surtout très bien protégé grâce à l'arrière-garde composée de Lizarazu, Desailly, Blanc et Thuram (surement la meilleure défense française de tous les temps). Le milieu de terrain est bien en place avec un récupérateur-ratisseur omniprésent en la personne de Deschamps pouvant être supléer par Petit dans cette tâche. Enfin le secteur offensif décrit plus haut, bénéficie d'un soutien de qualité au milieu de terrain avec les Zidane, Djorkaeff et Pirès.
L'écrasante victoire contre les Brésiliens ne souffre aucune discussion. Il souffle alors, en ce soir du 12 juillet 1998 un vent d'euphorie qu'on n'avait pas vu depuis la Libération... Une euphorie qui va déboucher sur une période dorée pour la France : elle va enchaîner sur une victoire au Championnat d'Europe en 2000 et gagner deux Coupes Intercontinentales (2001 et 2003). Les Bleus sont devenus l'équipe à abattre.
La France atterit logiquement avec un statut de favori en Corée pour la Coupe du Monde 2002 organisée conjointement par le Japon et la Corée du Sud. Position qui ne nous réussit pas vraiment...
Et la désillusion est lourde, l'équipe passe à côté de sa Coupe du Monde. Adeptes des records, les Bleus en établissent un bien triste cette fois-ci : c'est la première fois qu'un tenant de la Coupe du Monde se fait éliminer au premier tour. Le voyage au Japon ne laissera rien à la postérité, si ce n'est la mise au piloris des anciennes gloires à qui l'on reproche de penser plus à faire de la publicité pour les shampooings et autres eaux minérales qu'à défendre les couleurs nationales. Quand on est déçu, il faut des coupables et des raisons...
L'Euro 2004 au Portugal laissera un goût amer également avec des prestations moyennes contre la Suisse, la Croatie et la Grèce en quarts de finale. Si on y enlevait la victoire in extremis contre l'Angleterre lors du premier match, le bilan serait même mauvais, il n'en reste que moyen. Domenech est intronisé à l'issue de la compétition nouveau sélectionneur de l'équipe de France.
On pressent la fin d'un cycle, d'une formidable génération dont les cadres sont petit à petit partis en retraite (Deschamps, Thuram, Zidane, Blanc, Lizarazu, Desailly, Djorkaeff...). Difficile de faire aussi bien que leurs prédécesseurs, dira-t-on à décharge de ces nouveaus Bleus, pas si nouveau que ça d'ailleurs, car un certain esprit perdure dans cette équipe; les anciens (Henry, Viera, Barthez...) transmettent un certaine éthique du maillot bleu et l'intégration des nouveaux se passe généralement bien. C'est à ce moment que sont intégrés Abidal, Govou, Malouda, Saha. Sagnol, Gallas font partie de l'ossature. mais ce n'est pas sans interrogations que se profile le tournoi mondial en Allemagne en 2006...
Après des éliminatoires difficiles et une qualification au forceps, le France arrive en Allemagne en outsider. L'effectif est vieillissant... Zidane, qui avait pris sa retraite après l'Euro 2004, est ressorti de l'ombre pour aider l'équipe à se qualifier, Thuram et Makelele emboîtent le pas. Ce dernier connait d'ailleurs, sous le maillot bleu, une révélation tardive (à ce poste, il faut dire qu'il y a toujours eu une forte concurrence avec Deschamps puis, son successeur désigné : Patrick Viera) et devient quasiment indispensable.
Après un début plus que laborieux qui a fait redouté un naufrage similaire à 2002, la qualification est obtenue à l'arraché après un match qui ne restera pas dans les annales contre le Togo (2-0). Puis la phase éliminatoire voit une équipe métamorphosée. La rage anime cette équipe, stigmatisée par ses futurs adversaires, l'Espagne, dans la presse avant le match. Les Espagnols conseillent à Zidane la maison de retraite... Et c'est Ribéry, appelé de dernière minute en équipe de France qui va exploser ce jour-là. les Espagnols sont débordés, les Brésiliens, éternels favoris, se feront surprendre également quelques jours plus tard par cette équipe que tout le monde croyait moribonde. Un match superbe comme tous les France-Brésil. Le Portugal sera également éliminé en demi-finale, de justesse. La finale, je vous la passe, chacun décidera si la France aurait du gagner...
La France est qualifiée pour l'Euro 2008 et a hérité d'un groupe plutôt difficile... Mais rien n'excuse le fiasco lamentable que l'équipe nous a offert. Des choix tactiques douteux, un peu de malchance, beaucoup de maladresses et un manque incommensurable pour cette équipe de leader, un vrai, un patron sur le terrain et dans le jeu... et 2 défaites et un nul à la clé .L'absence de Zidane s'avère aussi marquante que le départ de Platini en 1987... Si challenge il doit y avoir lors des prochains éliminatoires, hormis la qualification sera de trouver ce leader incontestable et incontesté qui saura transcender le jeu des bleus. Ce rôle que n'a pas su joué un Thuram au bout du rouleau à l'Euro.
La France des Bleus a toujours été fidèle, de ma courte mémoire, à l'équipementier Adidas. Quelques modèles ont été uniquement conçus pour les Bleus, comme les modèles de 1984, 1986, 1998 et le futur modèle de 2008. Les autres modèles ont quant à eux été déclinés pour d'autres sélections. Vous remarquerez que les modèles de 1984, 1998 et 2008 ont des designs assez similaires, les lignes ont juste été réactualisées.
Ce maillot 2008, rouge pour le deuxième jeu (clin d'oeil à une rencontre jouée en rouge avant le Mundial 1986 contre le Guatemala, les Guatémaltèques jouant en bleu ciel, les jeux de maillots bleu ou blanc ne tranchaient pas assez, les Bleus utilisèrent les maillots d'entraînement rouges), sera l'avant-dernier maillot confectionné par Adidas, la Fédération ayant répondu positivement à un appel d'offres de Nike pour les prochaines compétitions à partir de 2010.
Le dernier maillot dessiné par Adidas a d'ailleurs été étrenné ce mois d'août lors du match amical face à la Suède. A noter pour le maillot qui a servi à l'Euro 2008, que c'est me semble-t-il la première fois qu'un maillot utilisé lors d'une phase finale ne sert pas lors des éliminatoires suivants... Une dernière rentrée d'argent pour Adidas ou une volonté d'oublier l'Euro catastrophique?
~1978-80~
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~1980-82~
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~1982-84~
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~1990-92~
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~1992-94~
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~1994-96~
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~1996-98~
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~2000-02~
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~2002-04~
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~2004-06~
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~2006-08~
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~U.S.C.F. 199?-9?~
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~France Espoirs 199?-9?~
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